A moins de 24 heures du grand départ !

C’est désormais dans moins de 24 heures que sera donné le coup d’envoi de la Bermudes 1000 Race Douarnenez – Cascais, épreuve réservée aux IMOCA et qualificative pour la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Les sept marins en lice (cinq solitaires et un duo) s’élanceront alors de la cité des Penn Sardin pour rejoindre le Portugal via un way-point situé à 300 milles dans l’ouest de La Corogne, le parcours initial qui devait les mener jusqu’au célèbre phare du Fastnet ayant finalement été modifié, ce mardi, en raison du mauvais temps attendu en fin de semaine en mer Celtique. La distance reste néanmoins inchangée, avec un total de 1000 milles à parcourir, et le menu assez copieux, avec notamment deux passages de front successifs. 

« Les conditions ne nous permettent pas d’envoyer les coureurs au Fastnet. Nous avons donc décidé de positionner un way-point à 300 milles dans l’ouest de La Corogne », explique Jacques Caraës, le Directeur de course de la Bermudes 1000 Race Douarnenez – Cascais. De fait, du mauvais temps est annoncé, ces prochains jours, en mer Celtique, ainsi que le confirme le météorologue de la course. « Un flux de sud soufflant à 40 nœuds avec des rafales pouvant atteindre 50 nœuds associé à une houle d’ouest auraient généré une mer hachée, dangereuse pour la navigation, notamment dans la nuit de jeudi à vendredi ». « Pour des raisons évidentes de sécurité, on a préféré ne pas mettre les bateaux dans ce type de situation, surtout en début de saison. Reste qu’ils ne seront pas complètement épargnés pour autant car ils vont tout de même devoir composer avec une mer délicate et des vents jusqu’à 30-35 nœuds. L’avantage, avec ce nouveau tracé, c’est qu’ils vont rester loin de la côte, des systèmes de rails de cargo et des hauts fonds », a précisé le Directeur de course qui conserve donc un parcours d’une distance de 1000 milles, comme initialement prévu. « Ça reste un joli tracé et ils vont avoir de quoi faire », assure Jacques Caraës.

Une modification de parcours apprécié des marins

Côté coureurs, la nouvelle est évidemment bien reçue, en témoigne Manuel Cousin, le skipper de Groupe Setin qui fait cette année son entrée sur le circuit des 60 pieds IMOCA. « Je suis très content de ce changement de parcours. J’avoue que depuis deux ou trois jours, je regardais les fichiers et que j’avais effectivement vu que du mauvais temps se situait au sud de l’Irlande. En ce qui me concerne, il s’agit de ma première course en solo sur le bateau et je suis, entre guillemets, encore en rodage. De ce fait, je n’avais pas forcément très envie d’aller me fourrer dans une grosse dépression alors je suis ravi », commente le Normand, bien conscient, toutefois, que ce qui l’attend ces prochains jours ne sera pas de tout repos. « Il est vrai que ça va être un peu tonique. Dans ces cas-là, on est toujours un peu tiraillé entre deux sentiments : l’envie d’y aller et une légère appréhension. J’ai néanmoins hâte de partir. Je me suis préparé tout l’hiver et les trois jours du Grand Prix Guyader m’ont permis de valider beaucoup de choses », note Manuel Cousin, impatient de découvrir sa machine en mode solo, tout comme plusieurs de ses concurrents, à l’image de Damien Seguin (Groupe Apicil), Fabrice Amedeo (Newrest – Art & Fenêtres) ou Samantha Davies (Initiatives Cœur). « Je connais bien mon bateau parce que j’ai navigué à bord la saison dernière avec Tanguy de Lamotte mais cet hiver, nous avons changé pas mal de choses, comme les ballasts, le plan de voilure ou le système de foils. Aujourd’hui, tout n’est pas encore rodé mais surtout, je n’ai plus navigué en solitaire depuis cinq ans », relate la skipper britannique dont la dernière course en solo remonte en effet au Vendée Globe 2012-2013 qu’elle fut malheureusement contrainte d’abandonner à la suite d’un démâtage. 

Prendre ou reprendre ses marques en solo

« Depuis, je suis partie sur la Volvo Ocean Race et j’ai fait beaucoup de milles. J’ai ainsi énormément appris et j’ai maintenant hâte de mettre tout ça en pratique en solo. Ça fait un moment que j’attends ça ! », souligne la jeune femme, avouant son excitation de se retrouver seule en mer. Un sentiment partagé par Fabrice Amedeo. « Je suis vraiment content de prendre le départ de cette course. Physiquement je me sens vraiment prêt. L’apprentissage sur ce nouveau bateau est toujours en cours mais cette première course de la saison est l’accomplissement de tout le travail de ces derniers mois. La Bermudes 1000 Race marque pour moi la fin d’un cycle laborieux et le début d’un nouveau qui va me permettre de me faire plaisir », commente le skipper de Newrest – Art & Fenêtre, ravi d’avoir l’opportunité de jauger son nouveau foiler face à des Jean Le Cam (en double sur Groupe Apicil), Paul Meilhat (SMA) ou Louis Burton (Bureau Vallée) même si, plus que le résultat, son objectif reste d’aller chercher sa qualification pour la Route du Rhum. En attendant, pour lui comme pour les autres, le rendez-vous est donné en baie de Douarnenez demain à 11 heures pour le coup d’envoi de la course soutenue par Bermudes.

 

Pour suivre la course : Yellowbrick Race